chez Roger - Les chansons que j'aime

Les chansons des années 50

Gilbert Bécaud

le 26/03/2008 à 15h36

Quand tu danses

1953

Paroles : Pierre Delanoé

Musique : Gilbert Bécaud, F.Gérald

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{Refrain:}
Quand tu danses, danses, danses devant moi
Je sens mon cœur qui bat
Au rythme de tes pas
Quand tu danses, danses, danses devant moi
Je sens la vie, la vie qui va
Et je pense, pense, pense que jamais
Jamais tu ne devrais t'arrêter de danser
Alors danse, danses, danse devant moi
Je t'en supplie, n'arrête pas

1 - J'ai besoin ce soir de tout oublier
J'ai besoin de te regarder danser
La cadence,-dence, -dence- de tes pas
Me grise et je ne sens plus autre chose en moi
Qu'un immense, -mense, -mense, feu de joie
Brûlant mon corps de haut en bas !
Dans ma tête en feu
Je sens peu à peu
La folie qui m'envahit
Et me trouble les yeux
Et je ne vois plus
Que tes jambes nues
Sarabande de légende
Monde merveilleux
Tes yeux
{au Refrain}

2 - L'assemblée à dévoré le veau gras
Et l'alcool commence à faire du dégât
L'alcool qui coule, coule à flots
Des corps qui roulent au fond des ruisseaux
Et tu danses, danses, danses devant moi
Je sens mon cœur qui bat, qui bat
Et du danses, danses devant moi
Je t'en supplie n'arrête pas
N'arrête pas !

Tags : Bécaud

Gilbert Bécaud

le 23/03/2008 à 09h51

Mé qué, mé qué

1953

Paroles : Charles Aznavour

Musique :Gilbert Bécaud

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  Le navire est à quai
Y a des tas de paquets
Des paquets posés sur le quai
Dans un petit troquet
D'un port Martiniquais
Une fille belle à croquer

Pleure dans les bras d'un garçon de couleur
Car il s'en va, il lui brise son cœur
Elle, dans un hoquet, lui tendant son ticket
Lui dit: "Cheri, que tu vas me manquer!"

Me que, me que, mais qu'est-ce que c'est?
Une histoire de tous les jours
Me que, me que, mais qu'est-ce que c'est?
Peut-être la fin d'un amour

La sirène brusqua
Leurs adieux delicats
Mais soudain tout se compliqua
La petite masqua
Un instant ses tracas
Pourtant son courage manqua

Elle dit: "J'ai peur, il ne faut pas partir
Vois-tu, mon cœur, sans toi je vais mourir!"
Le garçon expliqua qu'il fallait en tous cas
Qu'il parte et c'est pourquoi il embarqua

Me que, me que, mais qu'est-ce que c'est?
Une histoire de tous les jours
Me que, me que, mais qu'est-ce que c'est?
Peut-être la fin d'un amour

Les paquets embarqués
Le bateau remorqué
Lentement a quitté le quai
Ne soyez pas choqués
N'allez pas vous moquer
De ce que je vais expliquer

Regardant au port son bel amour à terre,
Pris de remords, il plongea dans la mer
Devant ce coup risqué par l'amour provoqué
Les requins ont resté interloqués

Me que, me que, mais qu'est-ce que c'est?
Une histoire de tous les jours
Me que, me que, mais qu'est-ce que c'est?
C'est l'aurore d'un nouveau jour
Qui est fait pour durer toujours
Car l'amour vient pour retrouver
L'amour...

Tags : Bécaud

Luis Mariano

le 22/03/2008 à 20h08

Extrait de l'opérette "Le chanteur de Mexico"

Rossignol de mes amours

1952

Paroles : Raymond Vincy

Musique : Francis Lopez

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Il était une fois une fille d'un roi
Au cœur plein de tristesse
Enfermée nuit et jour
Au sommet d'une tour
Elle pleurait toujours
Un jour, prenant son vol
Un gentil rossignol
Vint dire à la princesse
"Je t'apporte l'espoir"
C'est pour le revoir,
Qu'elle chante le soir :

Rossignol, rossignol de mes amours
Quand ton chant s'élèvera
Mon chagrin s'envolera
Et l'amour viendra peut-être
Ce soir, sous ma fenêtre
Reviens gentil rossignol

Le rossignol revint se poser
Sur la main de sa belle princesse
Elle le caressa puis elle l'embrassa
Et il se transforma
En un prince charmant
Qui devint le galant
De sa jolie maîtresse
Et c'est pourquoi depuis
Les filles du pays
Chantent toutes les nuits :

Rossignol, rossignol de mes amours
Dès que minuit sonnera,
Quand la lune brillera
Viens chanter sous ma fenêtre

Rossignol, rossignol de mes amours
Quand ton chant s'élèvera
Mon chagrin s'envolera
Et l'amour viendra peut-être
Ce soir, sous ma fenêtre
Reviens gentil rossignol


Tags : Mariano

Serge Lama et Georges Brassens

le 16/03/2008 à 15h38

Auprès de mon arbre

1955

Paroles et musique : Georges Brassens

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J'ai plaqué mon chêne
Comme un saligaud
Mon copain le chêne
Mon alter ego
On était du même bois
Un peu rustique un peu brut
Dont on fait n'importe quoi
Sauf naturell'ment les flûtes
J'ai maint'nant des frênes
Des arbres de judée
Tous de bonne graine
De haute futaie
Mais toi, tu manque à l'appel
Ma vieille branche de campagne
Mon seul arbre de Noël
Mon mât de cocagne

Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
M'éloigner d' mon arbre
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
Le quitter des yeux

Je suis un pauvr' type
J'aurais plus de joie
J'ai jeté ma pipe
Ma vieill' pipe en bois
Qu'avait fumé sans s' fâcher
Sans jamais m'brûlé la lippe
L'tabac d'la vache enragée
Dans sa bonn' vieill' têt' de pipe
J'ai des pip's d'écume
Ornées de fleurons
De ces pip's qu'on fume
En levant le front
Mais j'retrouv'rai plus ma foi
Dans mon cœur ni sur ma lippe
Le goût d'ma vieill' pipe en bois
Sacré nom d'un' pipe

Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
M'éloigner d' mon arbre
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
Le quitter des yeux

Le surnom d'infâme
Me va comme un gant
D'avecques ma femme
J'ai foutu le camp
Parc' que depuis tant d'années
C'était pas un' sinécure
De lui voir tout l'temps le nez
Au milieu de la figure
Je bas la campagne
Pour dénicher la
Nouvelle compagne
Valant celles-là
Qui, bien sûr, laissait beaucoup
Trop de pierr's dans les lentilles
Mais se pendait à mon cou
Quand j'perdais mes billes

Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
M'éloigner d' mon arbre
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
Le quitter des yeux

J'avais un' mansarde
Pour tout logement
Avec des lézardes
Sur le firmament
Je l'savais par cœur depuis
Et pour un baiser la course
J'emmenais mes bell's de nuits
Faire un tour sur la grande ourse
J'habit' plus d' mansarde
Il peut désormais
Tomber des hall'bardes
Je m'en bats l'œil mais
Mais si quelqu'un monte aux cieux
Moins que moi j'y paie des prunes
Y a cent sept ans qui dit mieux,
Qu' j'ai pas vu la lune

Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
M'éloigner d' mon arbre
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
Le quitter des yeux

Tags : Brassens, Lama

Les Compagnons de la Chanson

le 11/03/2008 à 11h10

C'était mon copain

1953

Paroles : Louis Amade

Musique : Gilbert Bécaud

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J'avais un seul ami
Et on me l'a tué
Il était plus que lui
Il était un peu moi
Je crois qu'en le tuant
On m'a aussi tué
Et je pleure la nuit
Mais on ne le sait pas

C'était mon copain
C'était mon ami
Pauvre vieux copain
De mon humble pays
Je revois son visage
Au regard généreux
Nous avions le même âge
Et nous étions heureux

Ami, mon pauvre ami
Reverrai-je jamais
Ton sourire gentil
Parmi l'immensité ?

C'était mon copain
C'était mon ami
J'écoute la ballade
De la Mort, de la Vie
Le vent de la frontière
Veut consoler mes pleurs
Mais l'eau de la rivière
A d'étranges couleurs

Cependant dans les bois
Un mystérieux concert
M'a dit qu'il faut garder
L'espoir à tout jamais
Car ceux qui ont bâti
Ensemble un univers
Se retrouveront tous
Puisqu'ils l'ont mérité

O mon vieux camarade
Mon copain, mon ami
Parmi les terres froides
Je te parle la nuit
Et ton pesant silence
Est un mal si cruel
Que j'entends ta présence
Parfois au fond du ciel

Tags : Compagnons de la Chanson

Marcel Amont

le 02/03/2008 à 20h23

Bleu, blanc, blond

1959

Paroles : Jean Dréjac

Musique : Haal Greene, Dick Wolf

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{Refrain:}
Bleu, bleu, le ciel de Provence
Blanc, blanc, blanc, le goéland
Le bateau blanc qui danse
Blond, blond, le soleil de plomb
Et dans tes yeux
Mon rêve en bleu - bleu - bleu

Quand j'ai besoin de vacances
Je m'embarque dans tes yeux
Bleus, bleus, comme un ciel immense
Et nous partons tous les deux.

{Refrain}

Quand le vent claque la toile
De ton joli jupon blanc
Blanc, blanc comme une voile
Je navigue éperdument.

{Refrain}

Tes cheveux d'un blond de rêve
Déferlent en flots légers
Blonds, blonds, blonds sur une grève
Où je voudrais naufrager

{Refrain}

Tags : Amont

Mouloudji

le 28/02/2008 à 10h57

Allons z'enfants

1952

Paroles et musique : Boris Vian

(A noter que Mouloudji ne chante pas tous les couplets)

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L'aut' jour dans mon courrier
J'ai reçu des papiers
J'en suis
J'vous l'dis
J'en suis resté tout pâle
On me disait tout dret
D'aller me présenter
A la
Caserne
Qui s'trouve dans mon quartier

Je m'en vais donc là-bas
Et je leur dis c'est moi
Je viens
C'matin
M'en voir de quoi qu'y r'tourne
On m'a donc fait rentrer
Et je leur ai d'mandé
A voir
Cui-là
Qui m'avait convoqué

Me v'là dans un bureau
Qui n'était pas bien beau
Y avait
C'est vrai
Une petit' secrétaire
Avec un uniforme
Qui collait à ses formes
J'm'en suis
Senti
Bientôt
Ragaillardi

Mais y avait aussi
Un militaire assis
Qui m'dit
Mon p'tit
Qu'est-c' que vous venez faire
Moi j'y ai répondu
C'est qu'on m'a convoqué
Monsieur
L'soldat
C'est pour ça que j'suis là

Il m'a dit: Gardavou !
Mais où vous croyez-vous
Je vois
Ma foi
Vous êtes une forte tête
Vous asseoir devant moi
Ça s'passera pas comme ça
Debout
Sans retard
Ou j'vous fourre au mitard

Moi j'y ai répondi
Je n'suis qu'un jeune conscrit
Y a pas
D'offense
Si j'connais pas l'usage
Je vous voyais-t-assis
Je m'suis assis-z-aussi
Voici
Voici
Pourquoi j'agis ainsi

Je me suis relevé
Et je lui ai-z-avoué
Qu'j'étais
Pincé
Pour sa p'tite secrétaire
Pis j'ai voulu savoir
Si elle sortait le soir
Et si
Les bleus
Avaient l'jeudi pour eux

Il est devenu tout noir
C'était pas beau à voir
Il s'est
Levé
Et m'a botté les fesses
Et puis il m'a conduit
Chez un ami à lui
Un a
Djudant
Qui m'a fourré dedans

On m'a rééduqué
Toute la matinée
L'après
Midi
J'ai balayé les chiottes
Et ça a continué
Pendant des mois entiers
Jamais
Jamais
J'avais tant balayé

Je vois les autres gars
Marcher sans s'tromper d'pas
Mais moi
Je crois
Que j'suis-t-un incapable
J'ai pas d'goût au fusil
Et dans ma compagnie
On m'dit
Que j'suis
Le plus con des conscrits

Je suis même trop con
Pour jouer du clairon
J'en tire
Des sons
Qui les mettent tous en rage
Moi ça m'intéresse pas
De jouer lève-toi soldat
Quand j'suis
Tout seul
Je joue l'grand air d'Aïda

Mon vieux copain Dubois
Qu'était un bleu comme moi
Avait
Je l'sais
Le goût du militaire
Il a des galons neufs
Ca fait un effet boeuf
Voilà
C'que c'est
D'écouter les gradés

Ils me l'ont répété
Pour être un bon troupier
Obé-
Issez
Aux officiers d'carrière
Dubois est adjudant
Il finira yeut'nant
Pourvu
Qu'on trouve
L'moyen d'vivre cent ans

Pour émerger du rang
Un seul commandement
Travail
Constant
Devoir et discipline
Moi si pendant vingt ans
Je balaie les latrines
J'vois pas
Pourquoi
Que j's'rai pas commandant !

Tags : Mouloudji

Charles Aznavour

le 27/02/2008 à 17h15

Je m'voyais déjà

1957

Paroles et Musique: Charles Aznavour

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A dix-huit ans j'ai quitté ma province
Bien décidé à empoigner la vie
Le cœur léger et le bagage mince
J'étais certain de conquérir Paris

Chez le tailleur le plus chic j'ai fait faire
Ce complet bleu qu'était du dernier cri
Les photos, les chansons et les orchestrations
Ont eu raison de mes économies

Je m'voyais déjà en haut de l'affiche
En dix fois plus gros que n'importe qui mon nom s'étalait
Je m'voyais déjà adulé et riche
Signant mes photos aux admirateurs qui se bousculaient

J'étais le plus grand des grands fantaisistes
Faisant un succès si fort que les gens m'acclamaient debout
Je m'voyais déjà cherchant dans ma liste
Celle qui le soir pourrait par faveur se pendre à mon cou

Mes traits ont vieilli, bien sûr, sous mon maquillage
Mais la voix est là, le geste est précis et j'ai du ressort
Mon cœur s'est aigri un peu en prenant de l'âge
Mais j'ai des idées, j'connais mon métier et j'y crois encor

Rien que sous mes pieds de sentir la scène
De voir devant moi le public assis, j'ai le cœur battant
On m'a pas aidé, je n'ai pas eu d'veine
Mais au fond de moi, je suis sur d'avoir du talent

Ce complet bleu, y a trente ans que j'le porte
Et mes chansons ne font rire que moi
J'cours le cachet, j'fais du porte à porte
Pour subsister j'fais n'importe quoi

Je n'ai connu que des succès faciles
Des trains de nuit et des filles à soldats
Les minables cachets, les valises à porter
Les p'tits meublés et les maigres repas

Je m'voyais déjà en photographie
Au bras d'une star l'hiver dans la neige, l'été au soleil
Je m'voyais déjà racontant ma vie
L'air désabusé à des débutants friands de conseils

J'ouvrais calmement les soirs de première
Mille télégrammes de ce Tout-Paris qui nous fait si peur
Et mourant de trac devant ce parterre
Entré sur la scène sous les ovations et les projecteurs

J'ai tout essayé pourtant pour sortir de l'ombre
J'ai chanté l'amour, j'ai fait du comique et d'la fantaisie
Si tout a raté pour moi, si je suis dans l'ombre
Ce n'est pas ma faut' mais cell' du public qui n'a rien compris

On ne m'a jamais accordé ma chance
D'autres ont réussi avec un peu de voix mais beaucoup d'argent
Moi j'étais trop pur ou trop en avance
Mais un jour viendra je leur montrerai que j'ai du talent


Tags : Aznavour

Charles Trenet

le 26/02/2008 à 22h15

L'âme des poètes

1951

Paroles et musique : Charles Trenet

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Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
La foule les chante un peu distraite
En ignorant le nom de l'auteur
Sans savoir pour qui battait leur cœur
Parfois on change un mot, une phrase
Et quand on est à court d'idées
On fait la la la la la la
La la la la la la

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
Un jour, peut-être, bien après moi
Un jour on chantera
Cet air pour bercer un chagrin
Ou quelque heureux destin
Fera-t-il vivre un vieux mendiant
Ou dormir un enfant
Ou, quelque part au bord de l'eau
Au printemps tournera-t-il sur un phono

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leur âme légère court encore dans les rues

Leur âme légère, c’est leurs chansons
Qui rendent gais, qui rendent tristes
Filles et garçons
Bourgeois, artistes
Ou vagabonds.

Longtemps, longtemps, longtemps
La la la...

Tags : Trenet

Patachou

le 24/02/2008 à 15h43

Brave Margot

1952

Paroles et musique : Georges Brassens

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Margonton la jeune bergère
Trouvant dans l'herbe un petit chat
Qui venait de perdre sa mère
L'adopta
Elle entrouvre sa collerette
Et le couche contre son sein
C'était tout c'quelle avait pauvrette
Comm' coussin
Le chat la prenant pour sa mère
Se mit à téter tout de go
Emue, Margot le laissa faire
Brav' Margot
Un croquant passant à la ronde
Trouvant le tableau peu commun
S'en alla le dire à tout l'monde
Et le lendemain

Quand Margot dégrafait son corsage
Pour donner la gougoutte à son chat
Tous les gars, tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la
Et Margot qu'était simple et très sage
Présumait qu'c'était pour voir son chat
Qu'tous les gars, tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la

L'maître d'école et ses potaches
Le mair', le bedeau, le bougnat
Négligeaient carrément leur tâche
Pour voir ça
Le facteur d'ordinair' si preste
Pour voir ça, n'distribuait plus
Les lettres que personne au reste
N'aurait lues
Pour voir ça, Dieu le leur pardonne
Les enfants de cœur au milieu
Du Saint Sacrifice abandonnent
Le saint lieu
Les gendarmes, mêm' mes gendarmes
Qui sont par natur' si ballots
Se laissaient toucher par les charmes
Du joli tableau

Quand Margot dégrafait son corsage
Pour donner la gougoutte à son chat
Tous les gars, tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la
Et Margot qu'était simple et très sage
Présumait qu'c'était pour voir son chat
Qu'tous les gars, tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la

Mais les autr's femmes de la commune
Privées d'leurs époux, d'leurs galants
Accumulèrent la rancune
Patiemment
Puis un jour ivres de colère
Elles s'armèrent de bâtons
Et farouches elles immolèrent
Le chaton
La bergère après bien des larmes
Pour s'consoler prit un mari
Et ne dévoila plus ses charmes
Que pour lui
Le temps passa sur les mémoires
On oublia l'évènement
Seul des vieux racontent encore
A leurs p'tits enfants

Quand Margot dégrafait son corsage
Pour donner la gougoutte à son chat
Tous les gars, tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la
Et Margot qu'était simple et très sage
Présumait qu'c'était pour voir son chat
Qu'tous les gars, tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la

Tags : Patachou

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